Le club de Bon Pied Bon Oeil compte en son sein des semi-marathoniens, des marathoniens,
des cents-bornards, des trailers et des ultra trailers.
Une nouvelle catégorie de coureurs fait son apparition dans l'association : les circadiens.

Pour ceux qui n'en auraient jamais entendus parlé : un circadien est un coureur de 24 heures.
Une course de 24 heures consistant à parcourir la plus grande distance en 24 heures.
Particularité des épreuves de 24 heures : elles se disputent en général sur des boucles de 800 m à 2500 m.

Cyril Laché s'est  lancé sur son premier 24H00 à Portet sur Garonne en ce week-end du 1er avril et
est donc le premier Circadien de BPBO.

Ils étaient 185 à s'élancer samedi 1er avril à 11h00 du matin pour faire le maximum de km sur un circuit de 1015 m
autour du complexe sportif.

Le premier a parcouru 216,476 km soit une moyenne de 9,07 km/h.

Récit de Cyril Laché :

Récit de mon premier 24 heures couru aux couleurs de Bon Pied, Bon Œil, association escalquinoise vieille d’une vingtaine d’années mais je n’y suis que depuis 5 ans.
J'ai voulu bien préparer mon premier 24 heures et pour cela j'ai demandé un plan d'entraînement à Bruno Heubi.
Il m'a préparé un plan personnalisé sur 15 semaines que j’ai suivi à la lettre. J'ai intégré dans ce plan le marathon de Séville et j'ai également organisé deux off de six heures et un off de nuit avec la complicité de Norbert Fernandez. Ça m'a permis de préparer ce 24 heures en conditions quasiment réelles et surtout faire la connaissance de circadiens et futurs circadiens qui m'ont donné de précieux conseils.
Un mois avant la course coup de tonnerre, je suis victime du syndrome pyramidal et j’ai une douleur au niveau du mollet qui m’empêche de marcher et de courir. Le moral en prend un coup.
Et là nouvelle rencontre avec Pascal Gleyzes , kiné à Castanet qui m'a prodigué les soins nécessaires pour que je puisse participer à la course, au moins en marchant. Ondes de choc, massages, étirements ont été mon lot pendant trois semaines. Grâce à lui j'ai repris confiance et je me suis dit que j'allais participer et faire ce que je pouvais faire.
Du coup le 31 mars, direction Portet sur Garonne pour le retrait du dossard et le montage du barnum acheté sur C’discounts à 43 €, utilisation garantie sans vent !
Puis l'après-midi repos, chargement de la voiture, petit repas avec de la patate douce et grande inquiétude dans la soirée à cause de la tempête.
Le jour J lever à 6 heures, petit déjeuner spécial avec graines de chia, préparatifs et départ pour Portet à 7h30, la voiture pleine à ras-bord. J’ai tout pris (10 paires de chaussettes - et ce n’est qu’un exemple !).
Grande consternation à l’arrivée de trouver le barnum par terre et cassé…..il faut pas se décourager, le remonter avec des cordes de fortune, l’accrocher au grillage…
bref il est de nouveau debout et maintenant il n’y a plus qu’a prier pour qu’il tienne le coup, vu les conditions météorologiques annoncées….
J’ai toujours des doutes en moi. J’ai toujours mal à ma jambe et j’ai du mal à imaginer tenir 24 heures.
Je pense même que je vais m’arrêter au bout de 10 km.
Ça y est il va falloir partir pour la halle. Je retrouve beaucoup d’amis et de connaissances et je suis content à la pensée de passer 24 heures en leur compagnie.
5 minutes avant le départ, mon fils m’interpelle. Je suis surpris de le voir, je ne l’attendais pas. Mais surtout je suis très ému et ça me booste.
Et j’ai eu sa visite avec sa petite famille dans l’après-midi, puis le soir et le lendemain matin. C’était trop cool.
C’est dur pour moi de voir les autres courir, moi qui m’était préparé pour ça, je sais qu’il va me falloir marcher….et encore si j’y arrive.
La fin de matinée et l’après-midi passent très vite et je suis surpris en regardant ma montre, de constater que 6 heures se sont écoulées.
J’ai toujours l’abandon de ma tête, je pense ne pas finir mais je me dit que c’est toujours 6 heures de gagné.
Je m’éclate avec le ravitaillement….comme je marche ,j’ai toujours faim donc je m’en donne à cœur joie : purée, saucisse, pâtes, gruyère,jambon, riz au lait, madeleine, chocolat, flan et tout ça dans le désordre ! Côté boisson : coca, eau sirop d’agave, eau gazeuse, jus de pomme, et un café le dimanche matin.
Le soir, je suis toujours dans la course et il est difficile de trouver le bon moment pour se changer et mettre des vêtements chauds. Un coup il pleut, un coup ça s’arrête….
Je me souviens alors des conseils de Jean-Christophe Kiburse lors du off qui me disait que la course commençait réellement la nuit.
Un autre coureur me disait aussi que la nuit était silencieuse et que quand on entendait les oiseaux, ça voulait dire que le jour n’était plus très loin.
Me voilà donc paré pour affronter les ténèbres, la pluie, le vent, le froid…
N’ayant pas les mêmes appuis en marche, j’ai droit à une petite visite chez le podologue, super sympa, qui a bien traité mon ampoule. Impressionnant mais efficace.
J’ai un gros coup de fatigue vers trois heures. J’ai très froid. Je me change, je prends des chaufferettes.
J’ai beaucoup de mal à m’alimenter mais j’arrive toutefois à avaler trois cuillères de purée. Ça fait du bien.
Au bout d’une heure, la forme revient. Pour pas ressentir ma blessure, il ne fallait pas que je dépasse la vitesse de 6,30 et du coup j’ai vérifié ma vitesse constamment sur la montre.
À 80 km, je me suis fixé l’objectif de franchir la barre des 100 km. D’un coup je me vois finir ces 24 heures.
J’ai terminé mon premier 24 heures et j’ai affiché 104 km au compteur.
Dans l’ensemble le 24 heures est très vite passé. C’est une expérience à vivre absolument.
Enfin je suis circadien.
Heureusement que mon petit cœur Anne-Marie est resté avec moi durant ces 24 heures, elle m’a apporté le ravitaillement, boissons, m’a massé, m’a soutenu par des petits messages.
Merci à tous les bénévoles du Pac. Un grand chapeau pour l’organisation, leur gentillesse et leur dévouement.
Un grand merci à Johann Bourgouin et sa petite famille qui sont venus m’encourager, à Catherine et Géraldo Tengarrinha.
Merci à Pierre Garaudet, Jacques Raboisson et Laurent Messines pour leurs belles photos.
Merci aussi à Patrick Pierre pour avoir entretenu la conversation avec moi. Malgré le fait qu’il me surprenait toujours quand j’étais assis sous le barnum….

Cyril dans son Barnum
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Avec Anne-Marie
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 Avec son fils.
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Pas de pause pendnat la nuit.
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Les messages d'encouragement que l'on pouvait adresser pendant la course
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Un rare moment de soleil du wend-end.
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